Suivi psychologique ?

Publié le par martin-a-dys.over-blog.com

Outre les problèmes que la dyspraxie pouvait poser au quotidien surtout au niveau scolaire, il était évident que Martin était trés mal dans ses baskets et vivait mal cette situation.

  

Cela se manifestait surtout par un petit garçon un peu taciturne qui ne parvenait pas à se faire plaisir en faisant les choses qu'il aimait bien : il adorait les maquettes et les constructions mais ses mains ne suivaient pas !

Il n'était pas esseulé en classe ni rejeté, mais n'avait pas non plus de "meilleur copain".

Et puis ses camarades ne comprennaient pas toujours non plus pourquoi il ne faisait pas comme les autres...

  

Le soucis majeur qu'engendrait cette situation était l'agressivité verbale et parfois même physique envers les autres.

Une claque par ci, un coup de pied par là, une bousculade dans les rangs... il a même failli blesser sérieusement un camarade au visage avec une paire de ciseaux...

  

A chaque fois, la situation était décrite par l'instit de la même manière : "je ne sais vraiment pas ce qu'il s'est passé, Martin semblait calme, je n 'ai pas vu de tensions monter, et il a agit subitement, comme une cocotte minute qui explose !"

 

Cette agressivité a eu tendance à s'estomper un peu quand nous avons su mettre "une étiquette" sur ces problèmes", mais avec encore quelques clash...

 

J'avais bien conscience de tout cela, et ça faisait mal au coeur de voir aussi Martin en souffrir.

 

Oui, il aurait bien besoin d'un suivi psychologique (et nous aussi !), mais j'avais encore en mémoire le discours de la pédopsychiatre rencontré par la passé : "votre fils n'est pas malade, il n'a pas besoin d'une prise en charge !"

Ce pédospychiatre entendait trés certaines par là que Martin ne souffrait pas de pathologie psychiatrique lourde type psychose, névrose ou que sais je.... Mais il n'en était pas moins mal dans sa peau, il en souffrait, nous avec, et je n'ai jamais réussi à faire entendre cela à un psy... et l'avenir me le prouvera une fois de plus.

 

Au cours du CM2 (2008/2009), ce comportement agressif encore parfois présent chez Martin nous inquiétait.  Se comporter ainsi au collège pourrait apporter de grave ennuis.

L'enseignante référente, lors de réunion de l'équipe pédagogique, nous avait proposé de prendre contact avec un CMP (Centre Médico Psychologique). Il ne fallait pas tarder selon elle à agir, bien avant l'entrée au collège.

 

J'ai suivi son conseil, sans grande conviction.

La première difficulté fut de trouver un centre qui accepte de nous fixer un rendez-vous ! Les CMP sont ratachés à des secteurs géographiques précis, et chaque patient y est rattaché en fonction de son domicile.

Le CMP de notre secteur se situait à plus de 30 km, dans une ville peu facilement accessible de par la situation de notre village.

Un autre CMP se trouve dans la même ville que le futur collège de Martin. On nous refuse et nous renvoi au CMP de secteur. Mes explications resteront vaines.

Un autre CMP encore se trouve dans une autre bourgade, à 11km de chez nous, mais bien sur hors de notre "secteur". J'obtiens enfin un rendez vous pour juin (2009), après de longues explications...

 

Martin et moi nous rendons à ce rendez vous, avec tout le dossier de Martin : les comptes rendus de pédopsy, les comptes rendus de réunion pédagogique avec l'avis des enseignants, bilan ergo et diagnostic...

Ce premier entretien n'aura pour but que de présenter Martin, et expliquer pourquoi nous sommes là. Le médecin qui nous reçoit m'explique qu'elle va présenter le cas de Martin à son équipe, pour savoir si une prise en charge peut être proposée, et si oui, laquelle.

Un second rendez vous est fixé fin aout 2009 qui suit, juste avant la rentrée en 6ème...

 

L'entretien d'aout fut une catastrophe. Dés mon entrée dans le bureau, j'ai senti comme un malaise. Le discours du médecin semble tourner autour du pot, en me rappelant le parcours de Martin (que je connais par coeur, merci !). Le médecin psychologue fini par m'expliquer qu'il ne voit pas bien ce qu'il peut apporter à Martin.

"Tout est déjà en place pour la prise en charge et la rééducation de sa dyspraxie, nous ne devons pas empiéter sur la rééducation actuelle, il faut laisser l'équipe en place faire son travail"

Je n'ai pas pu m'empêcher de craquer ! J'étais à la fois triste et en colère de ne pas réussir à faire comprendre la nécessité d'une prise en charge psychologique.

Nous ne venions pas chercher une rééducation pour la dyspraxie, nous venions chercher une aide pour un petit bonhomme mal dans ses baskets et qui souffre de son mal être... et sa famille avec !

Devant mon désarroi, le médecin se ravise un peu, m'explique que dans l'idéal, une prise en charge en groupe serait indiquée pour Martin, mais qu'aucun autre enfant actuellement au CMP ne pourrait correspondre au même besoin. Il propose donc à Martin des séances individuelles.

"Je te proposerais pour commencer de faire de la poterie"

Je croise le regard de Martin qui n'ose rien dire mais n'en pense pas moins.

Proposer de la poterie à un garçon qui justement est trés malhabile de ses mains... à se demander si on parle la même langue.

Inutile de poursuivre la discussion. je prends machinalement le carton de rendez vous et nous partons.

 

Et nous ne sommes jamais revenus...

Publié dans Parcours

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