CM1 : le déclic du diagnostic

Publié le par martin-a-dys.over-blog.com

Octobre Novembre Décembre 2007

En classe de CM1, Martin retrouve la même institutrice qu'il avait en CE1 (par remaniement des classes de l'école). Ce qui n'était pas fait pour me rassurer car il fallait absolument et en permanence booster Martin et être trés près de ce qu'il faisait.

Cette institutrice s'étonnera en voyant l'écriture de Martin :

"son écriture n'a pas changé en 1 an, je suis trés surprise de le voir écrire avec toujours autant de difficultés qu'en CE1. La qualité et la rapidité n'ont absolument pas évoluées..."

Mais son analyse s'arrêtera là... Difficile de la blâmer ceci dit ; les enseignants n'ont hélas que trés peu voire pas du tout d'information ou de formation concernant ces difficultés scolaires.

 

Et puis un jour, vers fin octobre 2007 il me semble, l'anecdote qui va tout déclencher.

Je laisse Martin un moment seul à la maison le temps pour moi de conduire son frère à un gouter d'anniversaire où il était invité.

A mon retour Martin me dit :

 

"Hélène t'a appelé sur MSN, elle te rapellera tout à l'heure.

- comment tu sais ça ?

- parce que je lui ai répondu !"

 

Intriguée, je vais consulter l'historique des conversations sur l'ordi. Non pas que je doutais de la bonne utilisation de l'ordi par Martin car je connaissais son attrait et ses facilités pour utiliser cet outil. Mais j'étais surtout trés curieuse de ce qu'il avait bien pu "raconter".

 

Voici ce que j'ai pu lire :

- bonjour c'est Martin

- bonjour Martin, je pensais que c'était maman

- non, maman n'est pas là

- et tu as le droit d'aller sur l'ordinateur tout seul ?

- non je ne crois pas

- bien, j'appellerai maman tout à l'heure. Salut !

- salut

 

Ce qui m'a frappé tout de suite, c'est l'absence de fautes d'orthographe !! Incroyable ! Aucune faute !

En temps normal, Martin aurait plutot écrit "bongour cé martin, maman népa la..."

Si je n'avais pas été sûre à 100% que Martin était seul à avoir tapé cela, je n'aurais jamais pu croire qu'il avait été capable d'écrire ceci sans faute.

 

Quelques jours plus tard, je raconte cet épisode au médecin avec qui je travaille et qui avait déjà vu Martin en consultation pour difficultés d'apprentissage lorsqu'il était en fin de grande section maternelle, en 2004. Sa réponse est sans appel :

" Si Martin est aussi à l'aise au clavier alors qu'il n'est pas capable d'écrire à la main ce qu'il tape au clavier, cela peut être un signe d'une dysgraphie évidente, dans le cadre d'une dyspraxie que l'on soupconnait à la première consultation mais qui ne pouvait être mise en évidence aussi tôt. Il ne faut plus tarder maintenant, il faut faire un bilan neuro visuel en ergothérapie."

 

Le rendez vous est fixé rapidement en décembre qui suit. La veille des vacances de Noël, mon mari et moi nous rendons au compte rendu de ce bilan lors d'une réunion avec le médecin et l'ergothérapeute qui a réalisé le bilan : la dyspraxie ne fait plus de doute avec toutefois un petit bémol. Il s'agit d'une dyspraxie incomplète, non sévère, dont le principal problème est la dysgraphie assez importante à ce moment là.

 

 

Je ne saurais décrire nos sentiments à ce moment là : soulagement (on savait enfin ce que Martin avait) mêlé d'incertitude  et d'interrogation.

 

Et qu'est ce qu'on fait maintenant ?

 

 

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