Ca n'arrive pas qu'aux autres !

Publié le par martin-a-dys.over-blog.com

Je ne peux vous raconter l'histoire de Martin, sans vous raconter un peu la mienne.

C'est un peu l'histoire de l'arroseur arrosé, si on peut dire.

  

Infirmière de métier, je travaille depuis bientôt 9 ans dans un centre de rééducation pour enfants, dans lequel sont accueillis des enfants handicapés moteurs, mais aussi des enfants présentant des troubles des apprentissages (dyslexie, dysphasie, dyspraxie) à des degrés tels qu'ils nécessitent une prise en charge quotidienne spécifique tant sur le plan scolaire que de la rééducation.

 

Quand j'ai débuté dans ce centre, je ne connaissais rien à ces troubles des apprentissages. Je me demandais bien ce que ces enfants là faisaient dans un centre de rééducation. D'apparence normale (ils marchent, parlent, courent...), que venaient ils faire au milieu de ces autres enfants en fauteuil roulant dont la prise en charge en rééducation était là plus qu'évidente ?

Et comme ces enfants "dys" ne nécessitaient pas de prise en charge particulière à l'infirmerie (mais plutot en ergothérapie ou orthophonie), je ne les cotoyais pas souvent. Ma connaissance de ces troubles se limitait donc à une courte définition sur un dossier médical : "trouble neuro-visuel" ou "neuro-moteur".

  

Le médecin spécialisé dans ce centre dans la prise en charge de ces enfants, s'occupait par ailleurs également des autres enfants handicapés moteurs ; nous étions donc amenés à nous cotoyer souvent sur notre lieu de travail.

 

Cette proximité fut une véritable chance pour Martin et nous ses parents. C'est bien grâce à cette proximité professionnelle que le diagnostic de Martin a pu être posé.

Je me suis déjà demandé des centaines de fois où en serait Martin aujourd'hui si je n'avais pas travaillé dans ce centre. Le diagnostic aurait été bien plus tardif, voire inexistant ? Pas de rééducation, ni de prise en charge adaptée... et au final, trés certainement un jeune graçon en échec scolaire et des parents épuisés et impuissants, comme c'est encore trop souvent le cas aujourd'hui.

 

Part mon métier, je vois encore aujourd'hui des ados de 13-14-15 ans, qui viennent pour bilan face à un tableau de difficultés scolaires qui font penser à une dyspraxie.

Certains diront qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire... Certes le diagnostic enfin posé pourra mettre en place une prise en charge adpatée, mais que d'années perdues !!

 

Mon parcours professionnel d'infirmière n'aura pas toujours été celui que j'aurai souhaité, mais s'il est un Dieu, je le remercie chaque jour de m'avoir guidé jusque là.

C'est tout l'avenir de Martin qui s'est joué là.

Publié dans Présentation

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christelle 23/06/2010 11:52


c'est en effet une chance de travailler dans un centre car ici (Picardie) pour avoir un premier rdv il faut attendre 6 à 8 mois après avoir renvoyer le dossier pour une première prise de contact !!
pratiquement autant pour un rdv avec une psychomotricienne en CMP et pendant ce temps, vive le système D et les bonnes rencontres sur internet...


martin-a-dys.over-blog.com 23/06/2010 13:07



J'ai conscience de la chance que nous avons. Les délais sont hélas trés longs aussi par chez nous. On parle parfois d'un an de délais !! Et pendant ce temps là...